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L’étude de chacun des siècles du
passé est un enjeu des sciences humaines et a son évidente
justification. Le XVIIe siècle en France, en Europe
ou dans le reste du monde, est un moment de civilisation
original. Le regard le plus superficiel y reconnaît des traits
de mœurs, des manières de penser, d’agir, de créer qui lui sont
propres. Ce seraient, par exemple, la construction des Etats,
les entreprises transocéaniques, l’expérimentation médicale, le
développement de pensées critiques ou la naissance de nouveaux
genres dans les lettres et dans les arts.
La Société d’étude du XVIIe
siècle a été fondée en 1947 dans l’intention de réunir en
son sein les curiosités des lettrés et les travaux des
spécialistes sur cette époque, c’est à dire qu’elle refuse à la
fois l’isolement universitaire et les séductions de la
vulgarisation. Bien avant que la mode ne s’en mêle, la Société
s’est voulue pluridisciplinaire. Elle entend toujours regrouper
des historiens des événements, des religions, des institutions,
des faits sociaux ou de l’économie et aussi bien des chercheurs
engagés dans l’étude de la littérature, des arts, de la
philosophie ou des sciences.
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Elle s’occupe d’un immense pan de
temps passé et dans cette perspective ne se propose pas de
frontières de pays ou de disciplines. Elle accueille tous les
chercheurs et les amateurs, pourvu qu’ils désirent mieux
connaître ces décennies particulières ; les listes de ses
sociétaires sont les preuves effectives de son rayonnement
international. Sans doute, un tel projet est-il trop ambitieux,
mais la Société d’étude du XVIIe siècle persiste à
s’en donner au moins le but. La revue XVIIe
siècle qu’elle publie chaque trimestre depuis plus de
soixante ans en porte le témoignage constant.
La Société ne privilégie aucun
domaine, aucun personnage, aucune période. Sa démarche est
purement savante, ce qui signifie qu’elle ne se soucie pas de
dénigrement du passé ou de complaisance envers un aspect des
annales de ce siècle. Cependant, la sérénité scientifique
n’entraîne pas l’indifférence, c’est au contraire à tous ceux
qui se passionnent pour les formes, les idées et les caractères
du XVIIe siècle qu’elle souhaite s’adresser.
Yves-Marie
Bercé
de
l’Académie
des inscriptions et belles-lettres. Président de la Société
d’étude du XVIIe siècle |